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28 janvier 2018

Zoom sur vos Régions : De la Champagne à l’Alsace… en passant par la Lorraine

Le Grand Est ne compte pas que sur sa transfrontaliarité avec 4 pays (l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg et la Suisse) pour se faire remarquer. Sur le plan médico-social et particulièrement celui des Ehpad, celle qui a failli s’appeler la « Nouvelle Austrasie » propose un paysage différent où le privé commercial peine à se faire une place et le privé non lucratif est roi.

 Les acteurs clés sur le terrain

Pour un zoom sur le grand Est, impossible de faire l’impasse sur le groupe SOS Seniors. Avec ses 80 établissements et services à destination des personnes âgées et notamment ses 62 Ehpad, le groupe de Maryse Duval se situe à la deuxième place du podium des opérateurs privés non lucratifs du secteur. Et avec plus de la moitié de son parc situé sur la région, le groupe SOS Seniors est définitivement « un groupe de l’Est » et pour être plus précis un groupe mosellan puisqu’avant même le passage de la réforme, ce dernier a signé un CPOM unique pour ses 30 Ehpad du département.


Plateforme sanitaire géante, le CHU de Reims a fait de la personne âgée une de ses priorités en développant depuis plusieurs année sa filière gériatrique de manière transversale, de l’hospitalisation d’urgence à l’hébergement au sein de l’un de ses quatre EHPAD. Un acteur influent donc. Mais le mastodonte doit également sa notoriété au Professeur Jean-Luc NOVELLA, chercheur au CHU qui cumule d’innombrable casquettes dont celles de référent Alzheimer en matière de recherche clinique pour l’inter-région EST, président du Gérontopole « Bien vieillir en Champagne-Ardenne » et président du Comité Scientifique de suivi de PATHOS et AGGIR, chargé entre autres de la refonte actuelle de ces outils.


 

Créée en 1961, l’Abrapa est la plus importante et la plus ancienne association d’aide et services à la personne du Bas-Rhin. Elle compte aujourd’hui 13 Ehpad sur le département, un parc non négligeable au sein d’une offre bien plus large allant de l’aide à domicile aux résidences autonomie en passant par les restaurants Club, l’hôpital de jour ou encore « le Phare », une équipe spécialisée Alzheimer qui intervient à domicile. Bref, l’Abrapa est un autre exemple de la force d’innovation du secteur associatif et de l’empreinte de ce dernier sur la région.


Un vent d’Est les pousse vers Paris

Quatre personnalités de l’est de la France jouent aujourd’hui à Paris un rôle majeur :

Marie Fontanel : avant d’être conseillère du président de la République sur les questions de santé et de solidarité, cette strasbourgeoise était numéro 2 de l’ARS Grand Est.

Un autre responsable de cette même ARS, Simon Kieffer, est directeur des établissements et services médico-sociaux à la CNSA depuis septembre 2017.

Caroline Fiat : la députée France Insoumise  de Meurthe-et-Moselle a été aide-soignante dans plusieurs Ehpad de la région avant de devenir co-rapporteure de la mission parlementaire sur les Ehpad.

Frédéric Bierry : originaire de la vallée de la Bruche, le président du Conseil Départemental du Bas-Rhin est également depuis  2015 à la tête de la commission sociale de l’Aseemblée des Départements de France.


2 questions à Christophe LANNELONGUE

Directeur Général de l’ARS Grand Est. Inspecteur Général des Affaires Sociales, directeur de l’ARS Bourgogne de 2012 à 2016, ce haut-fonctionnaire, grand spécialiste de la santé, est arrivé à Nancy début 2017

L’année 2017 fut pour les Ehpad celle de la réforme CPOM-EPRD. Quel premier bilan en tirez-vous pour la région Grand Est ?
Cette première année de mise en œuvre a impliqué pour tous les acteurs, établissements, ARS et Conseils départementaux, un changement de logique profond et la rénovation de nos modalités de dialogue.
Concrètement, en 2017, 19 CPOM ont été signés sur la région, couvrant 22 EHPAD. L’ensemble des EHPAD devraient avoir signé un CPOM d’ici 2022.
Pour ce qui concerne les éléments budgétaires, 419 EPRD ont été analysés, couvrant 554 EHPAD. Les établissements se sont adaptés à cette nouvelle démarche dès cette première année, malgré les difficultés inévitables mais traitées au fur et à mesure. Ces difficultés ont été aussi bien d’ordre techniques que liées à l’acquisition des nouveaux mécanismes associés à cette démarche.
La collaboration de l’ARS avec les conseils départementaux s’est quant à elle enrichie autour de ces nouvelles modalités de dialogue et nul doute que 2018 nous donnera l’opportunité de compléter et renforcer encore ces échanges.
Quelles sont pour le directeur général que vous êtes les deux principaux objectifs que vous vous fixez en direction des Ehpad dans les prochaines années ?

Le Projet Régional de Santé de l’ARS Grand Est 2018 – 2023 sera prochainement arrêté. Sur le champ des personnes âgées, notre vision est très large puisqu’elle s’étend de de la prévention à l’institutionnalisation, en passant par le domicile. Dans le secteur plus particulier des Ehpad, deux objectifs ont notamment été retenus.

La participation active des EHPAD à l’accompagnement du parcours de vie et de santé des personnes âgées, tout d’abord, qui doit passer par un décloisonnement accru du secteur et une collaboration forte avec les autres acteurs.

Une diversification de l’offre, ensuite, pour répondre aux besoins non seulement des résidents mais aussi des personnes âgées à domicile à travers les solutions d’accueil de jours, d’hébergement temporaire notamment. Mais cela doit également passer par le rôle accru de plateforme des Ehpad pour le territoire et de soutien aux services de soins à domicile, y compris sur les questions de prévention de l’aggravation de la perte d’autonomie.

 

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