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10 mars 2020

Veran vers l’an du domicile ?

paru dans Le Journal du Domicile

Quatre jours seulement après son remplacement au pied levée d’Agnès Buzyn, le premier déplacement d’Olivier Veran a été dédié, fait assez rare pour être souligné, à l’aide à domicile. C’est la structure Alenvi, de création récente et régulièrement présente à nos évènements, qui a eu le droit à cette première visite ministérielle. Quels signaux y voir ?

Marie-Anne Montchamp et Myriam El Khomri accompagnaient le nouveau ministre, d’où le lien avec Alenvi, la start-up ayant participé aux groupes de travail préparatoires au rapport de l’ancienne ministre sur l’attractivité des métiers publié le 29 octobre dernier. Les trois principales fédérations associatives étaient aussi du rendez-vous, monté en un rien de temps.

Pour rapide qu’il ait été sur la forme, le déplacement, et c’est bien tout son intérêt, n’a pas été vain sur le fond. Olivier Véran a souhaité d’emblée marquer son empreinte et donner des signaux positifs aux professionnels de l’aide à domicile. Rien de révolutionnaire à ce stade – c’est le contraire qui aurait été surprenant – mais tout de même, la posture n’est pas inintéressante, l’examen des premières annonces non plus.

Le nouveau ministre a ainsi parlé de refonte du maintien à domicile et de sa tarification dans le cadre de la loi grand âge et autonomie, avec des précisions sur le calendrier : concertation avec les parties prenantes sur le contenu au printemps et présentation du projet de loi à l’été. Et, annonce nouvelle : tenue d’une conférence nationale des métiers du grand âge dans la foulée, sans plus de précision à ce stade.  Des annonces assorties de mesures de court-terme qui ont davantage marqué les esprits.

Première mesure : + 20 millions sur l’enveloppe CNSA dédiée à la préfiguration du modèle économique des SAAD pour la porter à 70 millions. Augmentation assortie d’un engagement à ce que les crédits arrivent plus rapidement jusqu’aux SAAD. On reste loin des estimations de fonds publics à déployer pour refonder profondément et solidifier le modèle économique, mais les sommes nouvelles seront toujours utiles, surtout si le circuit est fluide.

Seconde mesure annoncée : 45 millions pour les actions de modernisation et de professionnalisation financées par la CNSA. C’est la fameuse section IV, plus de 100 millions d’euros y sont dépensés chaque année. Donc à priori, rien de nouveau. Il en est de même concernant la convention avec l’UNA (15 millions d’euros), ce type de convention étant signé chaque année avec les différentes fédérations professionnelles.

Plus original est le soutien à l’innovation sur les modèles d’aide à domicile et les initiatives territoriales, même si le cadre, la méthodologie et les moyens dédiés à ce soutien restent à définir. Idem quant au renforcement des moyens de prévention de la sinistralité. Enfin, la restitution des 100 millions de l’ONDAM à l’aide à domicile sera appréciée par les professionnels tant son gel était apparu aussi injuste qu’injustifié.

Au total, les mesures relèvent plus de la continuité, certes à la hausse, que de la disruption, mais le volontarisme affiché peut augurer de bonnes nouvelles s’il va jusqu’au bout de sa logique et que les moyens sont à la hauteur. Il est à vrai dire temps de passer à l’acte car les acteurs du secteur tirent la sonnette d’alarme depuis trop longtemps.


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