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14 septembre 2012

Suicide des personnes âgées : Michèle Delaunay visite une association d’aide aux

Lundi 10 septembre, à l’occasion de la journée mondiale de prévention du suicide, la ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’Autonomie, Michèle Delaunay, s’est rendue au domicile d’une bénévole de l’association « Au bout du fil », qui appelle des personnes âgées isolées. Récit.

Les journalistes se bousculent, en ce lundi matin d’été indien, dans le petit appartement parisien du 13e arrondissement où Michèle Delaunay est venue dévoiler son plan d’action contre les suicides des aînés. Nous sommes chez Mireille Dantel-Fort, l’une des 150 bénévoles de l’association « Au bout du fil », née il y a cinq ans, qui vient en aide aux personnes âgées isolées en les appelant, au moins une fois par semaine, à leur domicile. « Ce sont les collectivités locales et les caisses de retraite qui nous indiquent les personnes isolées à contacter. Chaque mois, ce sont ainsi 4000 conversations chaleureuses qui sont effectuées, partout en France », explique Philippe Conerardy, délégué général de l’association.

Mireille Dantel-Fort, elle, est « appelante » depuis quatre ans. « Ils me racontent leur détresse, leur solitude. Ils se sentent inutiles, ne trouvent plus leur place dans la société. Beaucoup souhaitent mourir, plus particulièrement ceux qui n’ont plus de lien social », raconte cette retraitée de 68 ans au sourire généreux, un peu intimidée par le flot de journalistes et de politiques (même Jean-Marie le Guen, député du 13e arrondissement de Paris, spécialiste des questions de santé publique, a fait un passage éclair) qui déambulent dans son appartement et l’interrogent sur son activité. Pour répondre à cette solitude, ce désespoir, parfois, les appelants bénéficient de formations trimestrielles, dispensées par des professionnels de santé de la Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon et des professionnels de la communication, autour de l’écoute empathique, le deuil, la conversation. « Je les écoute, j’essaie de les comprendre. Je n’ai pas de conseils à donner. Je suis là pour les occuper. Je leur dis qu’il y a au moins quelqu’un qui pense à eux. Est-ce suffisant pour s’accrocher à la vie ? » s’interroge Mireille Dantel-Fort.

Aujourd’hui, aucune des personnes âgées avec lesquelles Mireille est en contact n’est passée à l’acte. Dans l’éventualité où l’un de ces appelés présente des signes suicidaires, l’association alerte immédiatement les mêmes collectivités locales qui l’avaient aiguillée vers ces personnes âgées esseulées. Chaque année, près de 3 000 personnes de plus de 65 ans mettent fin à leur vie, soit près d’un tiers de la totalité des suicides en France.

Michèle Delaunay discute longuement avec cette bénévole, ravie de partager un peu de son « acte citoyen ». Pour la ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’Autonomie, c’est l’occasion d’évoquer la série de mesures qu’elle prépare pour lutter contre ce fléau, « trop souvent passé sous silence. » Généralisation du programme Mobiqual au secteur du domicile pour renforcer la formation des intervenants, publication d’un guide de l’Agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) sur la prévention des phénomènes de dépression. Mais aussi réflexions sur l’amélioration des systèmes d’alerte, réactivation du comité national de vigilance et de lutte contre la maltraitance des personnes âgées et des adultes handicapés, en veille depuis 2009… Autant de pistes que la ministre souhaite creuser, pour que « la génération des personnes âgées ne soit pas la génération sacrifiée. »

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