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9 novembre 2018

Sans l’aide à domicile, rien ne sera possible

paru dans Le Journal du Domicile

Vous avez été plus de 300 à assister à nos dernières Assises nationales de l’aide à domicile fin septembre, un quasi-record. Une mobilisation qui prouve une nouvelle fois l’intérêt des acteurs du secteur, et des abonnés de cette newsletter en particulier, pour notre évènement phare. Mais derrière cet évènement, c’est surtout l’intérêt pour l’activité elle-même et pour les métiers de l’aide à domicile qui ne faiblit pas, bien au contraire.

En effet, malgré un équilibre économique souvent poussif, que la mutualisation doit faciliter et que les CPOM doivent sécuriser (pour faire écho aux thèmes de deux tables rondes des assises), les grands acteurs du médico-social continuent d’investir dans l’activité, tandis que les opérateurs historiques mettent tout en œuvre pour se renforcer et se structurer. Ensemble, ils ont livré et gagné une belle bataille à l’occasion du PLFSS 2019 avec l’obtention de la compensation de la suppression du CICE par une solide exonération de cotisations sociales, que nous expliquons dans la rubrique actualité.

Et, fait encore relativement nouveau, cette mobilisation a transcendé le clivage associatif – privé commercial, donnant lieu à des alliances ponctuelles entre fédérations professionnelles telles qu’on ne les aurait pas imaginées il y a encore quelques années. Mouvement de circonstance ou évolution structurelle ? La question est posée. Ce qui est certain en revanche, c’est que les acteurs du domicile, quel que soit leur statut et leur trajectoire, se trouvent de plus en plus de points de convergence car, après tout, c’est le même métier aux services des mêmes personnes fragiles qu’ils exercent.

Certes, il y a quelques pré-requis pour avancer ensemble, notamment une forte considération pour les questions qualitatives et la dimension humaine. Mais une fois ces pré-réquis réunis, certaines frontières s’estompent devant la cause commune : faire reconnaître l’aide à domicile à sa juste valeur. Adessadomicile a commandité une étude, que nous relayons dans ces colonnes, selon laquelle l’aide à domicile ferait économiser 1,5 milliard à la collectivité. De quoi relativiser les arguments sur l’aspect coûteux du secteur.

Et surtout cette reconnaissance de l’aide à domicile doit se jouer maintenant, en se saisissant de l’opportunité ouverte par la mission ministérielle « Grand âge et autonomie » préfiguratrice de la loi de 2019 sur le financement de la perte d’autonomie. L’aide à domicile a toute sa place, de façon transversale, dans les 10 ateliers de la mission confiée à Dominique Libault. Charge maintenant aux acteurs du domicile de porter haut et fort les couleurs du secteur, non pas contre celui des EHPAD ou d’autres modes de prise en charge, mais à sa place, celle préventive, première, quasi-naturelle, du maintien de la personne âgée dans son environnement, donc chez elle, conformément à son souhait et aussi longtemps que possible. C’est donc un vrai projet de société pour les séniors qui peut se dessiner à partir du domicile, et en tout état de cause pas en le marginalisant, pas sans lui.

Nous continuerons évidemment d’y contribuer à notre modeste place, à travers nos publications et nos évènements, à commencer par le prochain en date : les 2èmes Assises régionales de l’aide à domicile, qui se dérouleront le 11 décembre, à Aix-en-Provence, en partenariat avec le cluster régional Pôle Services à la Personne PACA. Au plaisir de vous y retrouver !

Patrick Haddad
Rédacteur du Journal du domicile


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