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28 février 2013

Précarité des femmes : les services à la personne pointés du doigt

« Porter une attention spéciale au secteur des services à la personne », particulièrement touché par le phénomène de « travailleurs pauvres », pour lutter contre la précarité des femmes dans la société française : voilà l’une des conclusions du Conseil économique, social et environnemental (Cese), dont la délégation aux droits des femmes et à l’égalité a publié, le 19 février, une étude intitulée « Femmes et précarité ».

Dans une étude publiée le 19 février, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) s’alarme de la «féminisation grandissante de la pauvreté» en France : 70% des “travailleurs pauvres” sont en effet, aujourd’hui, des femmes. Et ce risque de précarisation, les salariées des services à la personne, secteur à 95% féminin, y sont particulièrement confrontées. La litanie est connue : emplois peu qualifiés, horaires décalés, pénibilité du travail et temps partiels – « 38% des intervenants à domicile souhaiteraient travailler davantage, contre 30% de l’ensemble des salariés », précisent les auteurs de l’étude au nom de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité, Éveline Duhamel et Henri Joyeux. Le salaire médian mensuel, pour les services à la personne, s’élève, selon eux, à 840 euros, « soit un montant inférieur au seuil de pauvreté ».

Ces situations précaires se répercutent inévitablement sur l’état de santé des femmes, qui souffrent particulièrement de troubles musculo-squelettiques (TMS), souligne l’étude. « Dans les structures d’aide à domicile il y a 5,2% d’accidents de travail, contre 3,8% dans l’ensemble des branches professionnelles », ajoutent les rapporteurs.

Saluant, quand même, les améliorations dues à la mise en place, au 1er janvier 2012, de la convention collective nationale de l’aide à domicile, la délégation aux droits des femmes et à l’égalité du Cese préconise cependant toute une série de pistes. Elle propose notamment de mettre en place des « trajectoires professionnelles », en favorisant l’accès à la formation continue et à la validation des acquis de l’expérience pour les salariées à temps partiel. Et de rappeler la nécessité, déjà formulée dans un précédent rapport du Cese publié en 2008, d’établir un plan pluriannuel de revalorisation des salaires intégrant l’élévation des qualifications « et auquel il faudra associer les conseils généraux qui financent l’APA». Il faut également favoriser les groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification (Geiq), un « outil intéressant pour lutter contre les effets négatifs des temps partiels courts, subis ou des contrats à durée déterminée, facteurs aggravant les risques de précarité et de pauvreté.» Enfin, le rapport du Cese suggère d’implanter des espaces d’information dans les centres communaux d’action sociale (CCAS), afin de mieux accompagner les salariées, « à l’image des relais assistantes maternelles ». Proposition intéressante, certes, mais qui existe de fait déjà sous la houlette de la Fepem, avec les relais d’assistant de vie (RAV).

 

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