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5 février 2015

Médicament : la pilule
qui fait déborder le vase ?

A quelques jours d’intervalle, deux études alertent sur la polymédication et la sur-prescription des médicaments aux personnes âgées. La solution ? Elle est peut-être à chercher du côté de l’éducation thérapeutique, un axe justement au cœur de l’expérimentation PAERPA.

Peut-on vraiment parler de hasard ? En tout cas, la parution coup sur coup de deux études sur les médicaments chez la personne âgée rappelle l’actualité de cette question. En cause : la polymédication qui accentue les risques de iatrogénie médicamenteuse – c’est-à-dire les risques liés aux interactions médicamenteuses lors de la prise de plusieurs médicaments – et la sur-prescription.

2 études, 1 constat

La première étude, datée de décembre 2014, a été annoncée par un communiqué du 28 janvier. Réalisée par l’Irdes (Institut de recherche et de documentation en économie de la santé) à partir d’une revue de littérature, cette étude insiste sur un point en particulier. « L’excès de médicaments fait peser des risques importants sur la santé, en particulier des personnes âgées. Il existe en effet une association significative entre polymédication et survenue d’effets indésirables, d’interactions médicamenteuses, de chutes, voire une augmentation de la mortalité. »

Les auteures de l’étude citent quelques chiffres édifiants pour étayer leur constat. A titre d’exemple, les accidents iatrogéniques sont à l’origine de 5 à 25% des admissions hospitalières et de 10% des admissions aux urgences. L’IRDES fait part de son intention de poursuivre ses travaux sur le sujet « en examinant les caractéristiques des prescripteurs, des patients mais aussi des parcours de santé des personnes âgées ».

La seconde étude a été publiée par l’UFC-Que Choisir. Près de 350 ordonnances de patients de plus de 75 ans (au moins 5 lignes de prescription) et 3.000 médicaments ont été analysés. Conclusion : on dénombre jusqu’à 21 médicaments par ordonnance et 4 ordonnances sur 10 sont potentiellement dangereuses pour le patient. L’association de consommateurs appelle donc les pouvoirs publics à inscrire la « déprescription » pour les personnes âgées dans les indicateurs de rémunération à la performance des médecins.

Dans les deux cas, le constat est le même : l’abus de médicaments nuit à la santé, surtout chez la personne âgée. L’UFC-Que Choisir invite la Haute Autorité de Santé (HAS) à faire de ce sujet une de ses priorités de travail. Rappelons que la HAS a déjà publié en juillet dernier un « cahier des charges » et des « cadres référentiels » pour la mise en œuvre de l’éducation thérapeutique du patient dans le cadre de l’expérimentation PAERPA (Personnes Agées En risque de Perte d’Autonomie).

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