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22 octobre 2014

L’UN… CCAS la routine

Pour la seconde fois seulement depuis... 1926, l’Union nationale des CCAS sera présidée par une élue de droite, en l’occurrence Joëlle Martinaux, adjointe aux Affaires sociales du maire du Nice, le tout dans un climat largement consensuel.

Depuis sa création en 1926, l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Unccas) a toujours été présidée par un élu de gauche. A une exception près : entre 1961 et 1969. Logique puisque jusqu’ici la majorité des villes de plus de 10 000 habitants était classée à gauche.

Après une période marquée par une remarquable stabilité, Patrick Kanner ayant présidé l’UNCCAS de 1996 à 2014 avant de devenir ministre au sein du gouvernement Valls 2, on vient d’assister coup sur coup à 3 changements majeurs : on passe d’un PS à une UMP ; on passe d’un homme à une femme ; on passe enfin de Lille…à Nice.

Le duel Martinaux / Rosso-Debord tourne court

L’affaire était pliée pour la gauche depuis le mois d’août. Le Comité des 100, élu par les quelques 4 000 CCAS de France, avait en effet donné une proportion droite-gauche de 60/40, résultat du fiasco dont fut victime le PS lors des municipales de mars.

La présidence allait donc échoir à l’UMP. Mais à qui ? Deux candidates s’étaient en effet déclarées : Valérie Rosso-Debord, la députée UMP de Meurthe-et-Moselle représentant le CCAS de Nancy et Joëlle Martinaux, la maire-adjointe de Christian Estrosi représentant le CCAS de Nice.

Sauf que les deux impétrantes n’ont pas envisagé leur candidature dans le même état d’esprit. La niçoise a tout de suite affiché la couleur : il s’agissait pour elle de perpétuer « l’ère kannerienne ». Soit une gouvernance consensuelle où gauche et droite puissent continuer à travailler ensemble au sein du Bureau National. Logique pour une élue qui, depuis 2008, était la 6ème vice-présidente d’une Unccas présidée par la gauche. De l’autre côté, la stratégie Rosso-Debord : la droite est majoritaire donc… elle doit tout rafler. Une stratégie qu’elle a tenté de faire trancher par le siège national de l’UMP avant qu’un Alain Juppé lui-même ne s’y oppose.

Benoît Calmels, la continuité kannerienne

Du coup, le 25 septembre, jour du vote, Valérie Rosso-Debord ne s’est même pas présentée devant le Comité des 100, qui a donc élu Joëlle Martinaux à l’unanimité. Une nouvelle présidente qui a aussitôt décidé de présenter la candidature de Benoît Calmels au poste de délégué général.

Sorte de fils spirituel de Patrick Kanner, celui qui assumait discrètement l’intérim de la délégation générale depuis le départ, voici quelques mois, de Daniel Zielinski, devient donc officiellement délégué général de l’Unccas, élu qui plus est à l’unanimité du Conseil d’administration. Ce socialiste, qui ne se cache pas de l’être, a l’immense avantage de connaître la machine administrative de l’Unccas et semble déjà constituer un duo assez complice avec sa nouvelle présidente. Une présidente UMP, un délégué général issu de l’équipe kannerienne : voilà au fond la bonne solution de compromis qui a permis un consensus.

Un bureau profondément renouvelé

Mais, au-delà de la présidente, c’est l’ensemble du Bureau national de l’UNCCAS qui a subi un profond renouvellement. Seuls deux membres du bureau précédent sur 14 sont présents dans la nouvelle équipe. C’est donc un Bureau profondément remanié qui sera désormais l’interlocuteur du gouvernement socialiste sur des dossiers tels que les résidences-autonomie ou la refondation des services d’aide à domicile.

Une équipe en tout cas qui a d’ores et déjà réussi son premier pari puisque le Congrès de l’UNCCAS qui se déroulait – fruit du hasard le plus total – à Nice, a été un nouveau succès d’affluence pour une Union qui s’avance donc sereinement vers son siècle d’existence.

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