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12 novembre 2014

Les médecins co sont-ils condamnés à disparaître ?

Avec pour toile de fond la difficulté croissante des établissements à recruter des médecins co, Dépendance, le Débat jette un pavé dans la mare. Au-delà de l’aspect provocateur, la question est on ne peut plus sérieuse : à quoi ressemblera le médecin co de demain ?

Il y a bien longtemps que les pouvoirs publics ne se sont pas penchés sur la situation des médecins co.

Raréfaction des médecins co et fin du tarif global

Le dernier texte en date remonte à 2005, année de parution du fameux décret décrivant les treize missions. A l’époque, la création des missions d’infirmière coordinatrice (Idec) et de médecin co est perçue comme un gage de qualité dans les Ehpad. Seuls les établissements disposant d’un médecin co sont habilités à signer une convention tripartite. Parallèlement, l’ambition est de donner au médecin co un spectre le plus large possible de missions dans le cadre du tarif global.

Mais, depuis, la situation a largement évolué. D’abord, environ un tiers des Ehpad ne disposerait pas de médecin co en France. Par ricochet, cela signifie qu’un tiers des Ehpad se trouverait hors-la-loi au moment du renouvellement de la convention tripartite. Ensuite, il devient de plus en plus difficile pour les établissements d’obtenir le tarif global, même si les vannes ont été ré-ouvertes l’an dernier… à hauteur de dix millions d’euros seulement, soit une misère. Et même si le Synerpa et la Fehap, notamment, ont obtenu gain de cause au Conseil d’Etat, qui a rappelé dans un arrêt du 15 octobre 2014 que les établissements avaient bel et bien un droit d’option entre tarif partiel et tarif global.

Trois pistes pour avancer

Face à cette situation, le Dr Vetel préconise une réaction en deux temps. Primo, il faut objectiver le constat en confiant aux ARS la réalisation d’un diagnostic régional qui ciblerait les inégalités territoriales. Secundo, le gériatre avance trois pistes de réflexion pour passer à l’action :

  • Si « rien n’est mieux qu’un mi-temps », il faut bien trouver une solution pour les établissements qui n’ont pas de médecin co. On pourrait imaginer de confier aux gériatres retraités une mission de coordination à distance reposant sur des échanges périodiques avec les Idec (par exemple, via Skype) et des activités de formation à raison d’une fois par mois dans les Ehpad.
  • Puis, le Dr Vetel veut créer une nouvelle mission d’ « évaluation gérontologique standardisée » visant mettre à disposition du généraliste, à échéances régulières, des informations plus complètes que celles fournies par Aggir et Pathos sur le résident. Celle-ci pourrait se solder par une augmentation du temps passé par le médecin co dans l’établissement, à condition cependant que l’effectivité de la présence soit assurée et qu’il n’y ait pas de confusion entre les activités de médecin co et de médecin traitant.
  • Enfin, dans un contexte de raréfaction des médecins co, « le permanent va devenir l’Idec ». D’où la nécessité d’opérer une revalorisation salariale et de généraliser un DU de management pour les Idec. De l’autre, le rôle des infirmières doit aussi être revu à l’image des nurse partitionners dans les pays anglo-saxons. Le Dr Vetel : « Il faut confier aux infirmières un pouvoir de prescription portant sur un nombre limité de références », sous réserve d’une formation préalable.

Les médecins co ne vont pas disparaître. Mais, entre revalorisation du métier et montée en puissance des Idec, le métier va considérablement changer. Le Dr Vetel appelle donc à la constitution d’un groupe de travail par le ministère sur le sujet. Dépendance, le Débat sera bien sûr aux premières loges.

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