Actualités
© Patrick Dagonnot

22 mai 2019

Le grand paradoxe

paru dans Le Journal du Domicile

Les professionnels de l’aide à domicile ont dû boire du petit lait à l’entame du rapport Libault. « Les Français font valoir une nette préférence pour le maintien à domicile », c’est le premier constat nettement posé et étayé par une série de considérations les unes plus pro-domicile que les autres.

Le domicile permet ainsi « d’éviter le déracinement » et de « choisir les conditions de sa vie, jusqu’au dernier souffle ». En conséquence de quoi, il faut s’acheminer vers un changement de modèle basé sur « une nouvelle approche domiciliaire sur l’ensemble des lieux de prise en charge ».

Jusqu’ici tout va très bien, de même que lorsque que le rapport affirme que « cela suppose de rénover le modèle économique des services d’accompagnement et d’aide à domicile, secteur aujourd’hui fragile ». Il se veut même plus précis en affirmant qu’il faut « réduire les disparités en matière de financement et prendre en compte les temps nécessaires à la formation, à la coordination et à la prévention ». C’est après que le rapport tourne à la douche écossaise.

Outre le modèle préconisé, sur lequel nous revenons dans le dossier de cette newsletter et qui comporte des avancées et des insuffisances, c’est la somme totale préconisée sur la réforme du domicile qui est la véritable déception. 400 M€ d’ici 2024, hors handicap et hors effet démographique, comme si la démographie était un sujet mineur… Dans le même temps, le rapport propose de flécher 3 milliards d’euros sur 10 ans pour la modernisation des établissements et 150 millions d’euros supplémentaires pour la transformation de leur offre. Difficile de suivre la cohérence entre les principes et la traduction financière.

D’autant plus que le financement proposé pour le domicile ramené à l’année correspond à 75 millions d’euros par an, quand l’actuelle enveloppe préfiguratrice au nouveau modèle est de 50 millions. Ce qui signifie qu’on n’ira guère au-delà de cette préfiguration. Loin, bien loin donc de la philosophie du début de rapport. Comment rapprocher les principes pro-domicile des mesures concrètes de la loi à venir ? Quelques mots dans ce numéro, un retour plus long dans notre hors-série du mois prochain, et un fil conducteur pour nos assises nationales de l’aide à domicile des 26 et 27 septembre clairement articulé autour de ce grand paradoxe.


À LIRE AUSSI
Partager cet article

Retour aux actualités