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28 décembre 2018

L’art de l’anticipation

paru dans Le Journal du Domicile

Nous avions annoncé 2018 comme l’année du domicile, dans un exercice avouons-le, qui relevait quelque peu de la croyance auto-réalisatrice. Ce ne fut pas franchement le cas, les grands débats sur le financement notamment, n’ayant pas été tranchés. Mais le lancement de la mission grand âge et autonomie, préfiguratrice de la loi de 2019, n’est évidemment pas un évènement neutre.

Sans reprendre tout ce débat ici, s’il n’y avait qu’un message à faire passer, ce serait celui du regard sur le vieillissement, celui de la prise en considération, non seulement des enjeux que représente le grand âge, mais aussi du nécessaire investissement individuel et collectif auquel il doit correspondre.

Et qui dit investissement, dit anticipation. Or, en matière d’anticipation, on est assez loin du compte en matière de politique du vieillissement. Pas uniquement sur ce sujet, aurait-on envie d’objecter de suite. « Gouverner, c’est prévoir ; et ne rien prévoir, c’est courir à sa perte » écrivait Emile de Girardin il y a 180 ans de cela… Pas comme si nous n’avions pas eu le temps de méditer depuis.

Et pourtant, le mouvement des gilets jaunes, certes avec son lot de débordements qu’évidemment personne ne cautionne ci, est venu contraindre les certitudes gouvernementales, fondées sur tout sauf sur l’anticipation du malaise social. Pour y répondre, une des mesures d’urgence a été de relever le SMIC de 1,5% au 1er janvier 2019. Louable en soit, les conséquences de cette mesure pour certains employeurs, dont les SAAD, n’ont pas été anticipées. Au moment où le taux d’augmentation des tarifs de l’aide à domicile devrait être borné à 1,42%, la boucle du modèle économique sectoriel n’est pas bouclée… Faute d’anticipation.

2019 sera un peu la dernière chance pour anticiper le vieillissement des 15 ans à venir. Ne manquons pas cette occasion.


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