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4 octobre 2018

La Normandie à l’« Eure » du vieillissement

Si la part de personnes âgées est plutôt faible par rapport au reste de la population normande, le nombre de seniors va croître de manière significative d’ici quelques années. Alors certes, le taux d’équipement est supérieur à la moyenne nationale. Mais à y regarder de plus près, on observe d’importantes inégalités entre les départements. Le principal défi normand ? Celui de l’hétérogénéité territoriale.




Annie Vidal et Agnès Firmin-Le Bodo, députées impliquées

Elles sont toutes deux députées de Seine-Maritime. Encore inconnues il y a un an, ces néo-parlementaires font désormais parties des principaux porte-voix des Ehpad au Palais Bourbon. Anciennement première vice-présidente du Conseil départemental en charge de l’action sociale, Agnès Firmin-Le Bodo (Agir-La Droite Constructive) est la co-rapporteure du rapport d’application de la loi ASV. Quant à Annie Vidal (LREM), elle est co-présidente de la Mission d’évaluation et de contrôle de financement de la sécurité sociale. C’est dans ce cadre qu’elle a produit cet été un rapport sur l’évolution de la démarche qualité en Ehpad, sur la base d’une quinzaine d’auditions.


quelques acteurs clés Sur le terrain

Du Havre à Shenyang

Le Havre serait-il un symbole de la French touch pour ce qui est de la prise en charge des aînés ? Depuis 2015, assurément. Le Groupe Hospitalier Havrais a signé cette année là une convention de coopération avec deux hôpitaux chinois de la province de Dalian. Une signature facilitée par Valérie Egloff, cadre de santé du GHH, conseillère régionale et maire adjointe du Havre, proche d’Edouard Philippe. Le but ? Envoyer des professionnels du pôle gériatrique du GHH afin de former des soignants chinois démunis face à la prise en charge des personnes âgées, politique de l’enfant unique oblige. Un succès qui s’est notamment matérialisé par la création du centre sino-français de gérontologie, inauguré en novembre 2017 à Shenyang. Cocorico !

Le « cyber-Ehpad » normand

L’Ehpad public autonome « Les reflets d’argent » situé à Conches-en-Ouche (Eure) subit actuellement un petit lifting. Il se restructure sur la base d’une complète digitalisation. Avec l’acquisition de tablettes pour le personnel, capteurs sensorielles et environnementaux ou encore de lave-vaisselle connectés, cet établissement, très ancien, fait donc le pari du numérique en vue de faciliter sa gestion opérationnelle et énergétique. Notons aussi la mise à disposition d’une chambre faisant office de laboratoire d’innovation où seront testées de nouvelles solutions technologiques. Il faudra pour cela attendre la fin de travaux, en novembre 2018.


3 questions à Christine GARDEL
Directrice Générale de l’ARS Normandie

Comment l’ARS décline sa politique régionale en fonction des spécificités départementales ?

En Normandie, à horizon 2040, le nombre de personnes âgées de 60 ans devrait représenter 33% de l’ensemble du territoire, contre 22% actuellement. Quel que soit le département, les effectifs de personnes âgées de 80 ans et plus devraient doubler. Si le taux d’équipement médico-social en Normandie est supérieur à celui de la France métropolitaine, des disparités infrarégionales persistent.

Le Projet régional de santé de Normandie, adopté en juillet 2018, s’est construit sur la base de huit parcours de santé et de vie, dont un portant sur les personnes âgées en perte d’autonomie. Il a notamment pour objet la réduction des inégalités sociales et territoriales de l’offre et vise une meilleure coordination des acteurs afin de prévenir la perte d’autonomie et garantir une réponse adaptée pour tous.

Quels sont les objectifs prioritaires fixés en direction des Ehpad pour les 2/3 ans à venir ?

Conjointement avec les Conseils départementaux de la région, l’ARS a déployé un plan d’actions régional d’accompagnement des Ehpad. Déployé depuis le 14 juin 2018, ce plan s’articule autour de cinq priorités :

  1. Le repérage et le soutien des établissements en difficultés ;
  2. L’amélioration de la qualité de vie au travail, avec le lancement d’un appel à projet qualité de vie travail pour les établissements et services médico-sociaux accueillant des personnes âgées en perte d’autonomie ;
  3. Le développement par les Organismes Paritaires Collecteurs Agréés (OPCA) de programmes de formation continue intégrant une réflexion éthique ;
  4. Une meilleure adéquation entre les offres d’emploi et de formation des aides-soignants ;
  5. L’amélioration de la couverture médicale en Ehpad.

 

À plus long terme, tout le monde évoque l’Ehpad de demain. Comment se décide-t-il sur votre région ? Avez-vous lancé des expérimentations pour en tester certaines modalités ?

La médecine évolue, les politiques de santé s’adaptent, l’ARS s’implique pour répondre aux nouveaux besoins de santé des personnes âgées et aux nouvelles opportunités. L’exemple le plus parlant est celui de la télémédecine. Avant d’être un outil, la télémédecine est selon moi une pratique médicale innovante qui doit permettre de renforcer l’accès territorial aux soins et abolir les distances, notamment au profit des publics les plus fragiles.

C’est pour cette raison que nous avons soutenu et accompagné financièrement une quarantaine d’Ehpad dans la région (soit près de 5200 résidents concernés), qui travaillent avec des professionnels médicaux de leur territoire, pour qu’ils puissent s’équiper en matériel et organiser l’activité dans leurs murs. L’ARS contribue également à la mise en œuvre d’un plan global d’aide aux aidants. Plusieurs appels à projet portant sur les offres innovantes de répit ont été lancés sur le territoire normand en ce sens.

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