Actualités
27 avril 2012

La France sait guérir, pas prévenir

On savait déjà que le système de santé français pêchait par ses carences en matière de prévention. Une étude européenne sur l’espérance de vie sans incapacité (EVSI), qui vient confirmer ce constat, est très alarmante, notamment pour la génération des 55-65 ans.

Vaut-il mieux mourir jeune et en bonne santé, ou vieux et dépendant ? C'est la principalequestion/conclusion qu’ont retenu les médias généralistes de l’enquête, publiée le 19 avril dernier, sur l’espérance de vie sans incapacité (EVSI), l'indicateur utilisé depuis 2005 en Europe pour mesurer le nombre moyen d'années vécues sans incapacités.

Mais au-delà de ce questionnement, la véritable valeur ajoutée de cette enquête, c’est de mettre le doigt là où ça fait mal. C’est-à-dire sur les carences manifestes de la politique de prévention en France, par rapport à nos voisins européens.

De fait, en France, à la différence d'autres pays, la baisse de l'espérance de vie sansincapacité a diminué au cours des dernières années, passant, entre 2008 et 2010, de 62,7 ans à 61,9 ans pour les hommes, et de 64,6 ans à 63,5 ans pour les femmes. Et cette légère diminution de l'EVSI française concerne surtout la tranche d'âge des 55-65 ans. Cette catégorie intermédiaire de la population, celle de la période charnière du passage à la retraite, exprime un sentiment d'épuisement en hausse, une baisse de tonicité, qui se traduit par le fait d'accomplir de manière de plus en plus difficile certaines activités relevant de la sphère professionnelle ou sociale. Le risque, c'est du coup un décrochage accru au moment de la retraite, une réduction significative de l'activité, premier pas vers un isolement progressif. Or cet isolement est également lapremière marche d'une fragilisation, dont le dernier palier est la dépendance. Et si les futurs aidants arrivent demain à l'âge de la retraite (repoussée au fur et à mesure) avec déjà une sentiment prononcé d'épuisement, il sera aussi encore plus difficile de tabler sur leur disponibilité…

Partager cet article

Retour aux actualités


Commentaires

Vous devez être identifié pour pouvoir lire ou écrire un commentaire