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10 avril 2014

#keepleprojetdeloi

#keepmicheledelaunay : c’est avec ce hashtag que certaines associations de seniors ou d’aide à domicile ont demandé que Michèle Delaunay soit reconduite dans ses fonctions gouvernementales. Mais demandé à qui ? Au président de la République ? Au Premier ministre ? Comme si un exercice aussi subtil et complexe qu’un remaniement gouvernemental se réglait à coups de tweets et de pétitions ?

Dans les 48 heures précédant le remaniement, une cabale du milieu universitaire, via une pétition sur le Web, a frappé Geneviève Fioraso telle une fatwa numérique. Résultat : elle a été reconduite. Dans le même temps, des comptes twitter organisaient de façon plus ou moins spontanée une opération de sauvegarde de la ministre des Personnes âgées. Sans succès. La démocratie n’est donc pas encore totalement soluble dans le tweet…

Keep the Delaunay’s spirit
Mais au-delà du #keepmicheledelaunay, on a surtout envie de s’exclamer : « keep the Delaunay’s spirit ! ». Car, à l’évidence, la députée de la Gironde restera comme une des grandes ministres en charge des « personnes âgées » qu’ait connu la République. On avait eu Franceschi, le premier ministre des « personnes âgées » de la République. On avait eu Paulette Guinchard-Kunstler qui s’était confondue au combat en faveur des personnes âgées et des professionnels. On avait eu Philippe Bas qui, plus discrètement, avait été au cœur d’un plan décisif en faveur des Ehpad. On a eu enfin Michèle Delaunay qui a su mettre sa vision et son éloquence au service d’un changement de paradigme.

Michèle Delaunay au cœur de deux révolutions
Elle aura en effet été au cœur de deux changements fondamentaux. Elle a d’abord sorti la question du grand âge de son ghetto médico-social en développant l’idée que le vieillissement devait entraîner toute une série d’adaptation touchant des pans entiers et divers de la société française. Jamais avant elle, la politique du grand âge n’avait pris cette dimension panoramique. Jamais, le vieillissement n’avait été présenté à ce point-là comme une opportunité heureuse pour la société et non comme une calamité ingérable.

Le lancement de la filière Silver économie participe de cette philosophie : le vieillissement comme opportunité économique et industrielle, comme générateur d’activités et de croissance. Les pisse-froids ont vu là une façon de marchandiser la vieillesse ou de transformer les vieux comme une potentielle source de profit sans voir que cette évolution marquait au contraire un vrai changement de regard de la société sur la vieillesse. On sort de la commisération pleurnicharde pour donner une perspective heureuse et positive à « l’avancée en âge » pour reprendre la terminologie delaunienne.

Michèle Delaunay aura amorcé une seconde révolution : celle du domicile. Les précédents gouvernements érigeaient le domicile en priorité en paroles plus qu’en actes. Michèle Delaunay aura fait du domicile, ou plutôt du maintien à domicile, l’axe principal de son œuvre.

La loi ? Elle est essentiellement consacrée dans son Acte 1 au domicile. Au sens large d’abord puisqu’elle aborde toutes les conditions permettant la vie à domicile (adaptation du logement, de l’urbanisme, des transports etc…). Au sens strict ensuite puisque l’essentiel de l’effort budgétaire a été fléché sur l’aide à domicile. Sur les 650 millions d’euros mobilisés et arrachés de haute lutte, plus de la moitié sont directement consacrés à l’amélioration de l’Apa à domicile, le reste venant financer la prévention, les aides techniques, le droit au répit ou le forfait-autonomie des nouvelles « résidences autonomie », toutes actions là encore ciblées sur le maintien à domicile.

Les ministres passent : c’est la règle et l’usage. Mais concernant Michèle Delaunay, on a envie que son action et son impulsion demeurent.

Tel sera le pari que devra relever Laurence Rossignol. Nommée secrétaire d’État aux Personnes âgées, cette sénatrice PS de l’Oise est engagée dans les instances nationales du PS depuis les années 90 où elle aura été successivement en charge de toute une série de dossiers (toxicomanie, droits des femmes, transports, environnement…) mais jamais, de près ou de loin, des questions liées au grand âge. Raison de plus pour s’inspirer du discours et de la méthode de celle qui l’a précédée.

Ainsi, si le #keepmicheledelaunay n’a pas été entendu, il conviendra de crier haut et fort #keepleprojetdeloi. C’est la première tâche, essentielle, assignée à Laurence Rossignol.

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