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12 décembre 2018

En Occitanie, les Ehpad ont leurs Hérau(l)ts

Issue de la fusion du Languedoc-Roussillon et des Midi-Pyrénées, l’Occitanie est une région aussi vaste qu’hétérogène. Si elle concentre des zones rurales où la part de personnes âgées est forte mais que leur nombre augmente faiblement, sa côte languedocienne attire et attirera de plus en plus de seniors en quête de soleil. Face à ces diverses problématiques territoriales, la région peut compter sur de nombreux hérauts (voire héros) du médico-social.




Les noms qui comptent

Président du Comité Scientifique de la Concertation « Grand Âge et Autonomie », Bruno Vellas n’en demeure pas moins le chef du service gériatrique du CHU de Toulouse. Théoricien du concept de « fragilité », le coordonnateur du Gérontopôle de la ville rose irradie bien au-delà de la Garonne. Mentionnons aussi le Pr. Claude Jeandel, responsable du pôle de gériatrie du CHU de Montpellier, président du Conseil National Professionnel de Gériatrie et membre du directoire de la Fondation Partage et Vie.

Parmi les acteurs politiques, on citera pour l’Occitanie Jeanine Dubié, députée PRG de Hautes-Pyrénées et ancienne directrice d’une maison de retraite, ainsi que Monique Iborra, élue LREM de Haute-Garonne et co-auteure du premier rapport parlementaire sur les Ehpad suite à la mission « flash » de septembre 2017.


3 questions à PIERRE RICORDEAU, directeur de l’ARS Occitanie

Comment l’ARS Occitanie décline sa politique régionale en fonction des spécificités départementales ?

L’Occitanie est une région un peu plus âgée que l’ensemble du pays. Cette tendance devrait s’accentuer. Parallèlement, la région doit faire face à de fortes disparités territoriales en termes d’offre de soins et d’accès aux infrastructures mais également à de fortes disparités sociales.

L’Agence s’attache à poursuivre la démarche engagée de transformation de l’offre dans un souci de réduction des inégalités d’accès aux différents dispositifs (EHPAD, SSIAD, etc.), de renforcement des alternatives à l’hébergement complet et d’amélioration de la qualité de l’accompagnement. L’ARS a ainsi initié un travail d’élaboration de feuilles de route départementales qu’elle souhaite partager avec l’ensemble de ses partenaires afin de faire évoluer l’offre médico-sociale.

Quels sont les objectifs prioritaires fixés en direction des Ehpad pour les 2/3 ans à venir ?

Je peux citer les trois actions structurantes du PRS : 1/ améliorer la réponse en EHPAD aux besoins des personnes ayant des troubles du comportement. 2/ faciliter l’accès du résident et de l’équipe soignante aux compétences spécialisées via la télémédecine, les équipes mobiles, l’HAD. 3/ adapter la prise en charge aux besoins des personnes handicapées vieillissantes.

Dans le Tarn, l’ARS a investi plus de 700K€ pour équiper en télémédecine 65 Ehpad. La télémédecine pour les personnes âgées sera déployée sur l’ensemble de la région Occitanie d’ici 2022 avec un appui financier de 2 millions d’euros.

Parallèlement, l’ARS mène une politique volontariste visant à accélérer la convergence tarifaire soin pour les EHPAD les plus en difficulté. Et elle déploie également Via Trajectoire sur l’ensemble de la région dans les deux ans pour améliorer l’orientation des personnes âgées en recherche de solution d’hébergement.

À plus long terme, tout le monde évoque l’Ehpad de demain. Comment se dessine-t-il sur votre région ?

Une offre d’EHPAD « hors les murs » figure en tant que telle dans les priorités du PRS. Dans cette approche, l’EHPAD de demain ne sera plus une unité centrée sur son métier traditionnel mais devra faire évoluer ses interventions et ses organisations vers une logique de « plateforme de services » ouverte sur le domicile. En Occitanie, certains établissements envisagent de mettre en place un système de télésurveillance dans leurs locaux, puis de proposer ce service pour les personnes à domicile.

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