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16 juillet 2018

Centre-Val de Loire : des atouts à faire valoir

Les châteaux de la Loire, la cathédrale de Chartres, le palais Jacques-Cœur à Bourges ou encore les vignobles sancerrois… Pas de doute, il fait bon vivre en Centre-Val de Loire, y compris pour nos aînés. Dans une région où le secteur public est largement majoritaire, le taux d’équipement est relativement élevé alors que le nombre de personnes âgées n’augmentera que faiblement dans les années à venir.




quelques acteurs clés Sur le terrain

Johan Priou est docteur en économie spécialisé sur l’évolution des secteurs social et médico-social et directeur de l’Uriopss Centre. Autrement dit, un acteur incontournable de la région pour le secteur des personnes âgées. Son rôle ? Être le principal catalyseur et donner du liant à un secteur associatif minoritaire en termes d’offre mais très mobilisé. Car il existe pour lui une véritable énergie associative en Centre-Val de Loire. Davantage situés en zone périphérique que dans les centres urbains, les Ehpad associatifs bénéficient pour nombre d’entre eux d’une position stratégique sur un territoire majoritairement rural et qui concentre à certains endroits des difficultés sociales.

Malgré un taux d’équipement bien supérieur à la moyenne nationale, le Loir-et-Cher compte une structure inédite œuvrant pour le maintien à domicile : la Maison bleue. Lieu unique en France, cette habitation des années 50 a été réaménagée afin que les personnes en perte d’autonomie puissent venir découvrir et tester des solutions et équipements leur permettant d’adapter leurs logements. Initiative du Conseil départemental, ce guichet unique, équipé de produits allant de la simple aide technique aux technologies de la domotique, fait également office d’espace de conseil pour les personnes âgées et leurs proches.

Des générations de gastronomes se sont régalées chez le double étoilé Michelin Jean Bardet, le grand chef de Tours. Son Château Belmont est devenu depuis une résidence services seniors de 114 logements gérée par le groupe Domitys.

À Tours se situe l’Ehpad Georges Courteline, géré par l’association Les Bruyères. Cet ancien établissement congréganiste, situé au cœur de la ville, a la particularité de proposer des logements destinés aux étudiants. Mi 2016, l’Ehpad a aménagé un espace pour une dizaine d’étudiantes. Conditions requises pour accéder à ces chambres au loyer préférentiel : étudier dans le secteur médico-social et accorder deux heures de son temps libre par semaine aux résidents. Un bel exemple de démarche gagnant-gagnant.


3 questions à Anne Bouygard
directrice générale de l’ARS Centre-Val de Loire

Comment l’ARS décline sa politique régionale en fonction des spécificités départementales ? 

S’agissant des personnes âgées, les disparités intra régionales en région Centre-Val de Loire sont relativement modestes en termes d’équipement (de l’ordre de 10%) et en termes de coût par habitant (15%) en comparaison avec les écarts constatés dans le champ du handicap. Le PRS de la région, adopté le 25 juin dernier, a pour ambition la réduction des inégalités sociales et territoriales, réduction qui ne concerne pas seulement le taux d’équipement en Ehpad. Il est donc important de prendre en compte l’ensemble de l’offre organisée pour répondre aux besoins spécifiques du très grand âge, à la fois au domicile, en structures médico-sociales, et par les structures sanitaires (HAD, équipes mobiles, établissements de proximité, etc.).

Quels sont les objectifs prioritaires fixés en direction des Ehpad pour les 2/3 ans à venir ? 

Justement, le PRS fixe des objectifs d’adaptation, à la fois organisationnels et liés aux articulations et complémentarités entre acteurs, dispositifs, professionnels de santé, du médico-social et du soin. Sous réserve et en fonction des évolutions portées par les schémas départementaux autonomie, il prévoit de diversifier et d’ouvrir sur l’extérieur l’offre institutionnalisée et d’accompagner les Ehpad dans la réponse aux besoins des résidents très dépendants et poly-pathologiques.

Cela se fera notamment par le développement des alternatives à l’hébergement permanent et les Ehpad centre de ressources (accueil de jour, service de garde itinérante de nuit ou de week-end, plate-forme de répit, accueil de jour itinérant, « EHPAD hors les murs »), le développement de places d’hébergement temporaire d’urgence ou encore par une meilleure organisation de l’intervention de l’HAD en Ehpad.

À plus long terme, tout le monde évoque l’Ehpad de demain. Comment se dessine-t-il sur votre région ? Avez-vous lancé des expérimentations pour en tester certaines modalités ?

Un appel à projet a été lancé pour la construction d’un Ehpad innovant. Cet établissement accueillera autour d’un projet commun de prise en charge des personnes âgées et des personnes handicapées souffrant de troubles cognitifs. L’enjeu sera de redéfinir l’hébergement médico-social collectif pour qu’il ne soit plus synonyme de perte d’indépendance, d’horaires imposés. Pour cela, les services s’ajusteront à la personne et à ses besoins pour faire de l’établissement un véritable lieu de vie, privilégiant la prise en charge non médicamenteuse et le sentiment d’utilité de la personne accueillie.

Par ailleurs, la particularité de ce projet est de mettre en place une filière d’accompagnement progressive à l’entrée dans la structure. Il englobera la construction d’une résidence autonomie ou des logements inclusifs à proximité, accueillant des personnes en début de maladie ou moins dépendantes qui souhaitent bénéficier d’une certaine indépendance. Elles seront accompagnées par une équipe de professionnels qui aura un rôle de veille et d’alerte et proposera des animations.

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