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26 octobre 2012

Carsat en panne : la Cnav n’est pas un guichet !

À l’heure où la Caisse nationale d’assurance vieillesse se voit confier par l’État un nouveau champ d’action – les fonctionnaires et ouvriers retraités de l’État – le collectif de l’aide à domicile revient à la charge sur les restrictions des plans d’aide dans les Carsat. Antonin Blanckaert, adjoint au directeur de l'action sociale de la Cnav, répond aux critiques.

Dépendance, le débat : Que répondez-vous aux inquiétudes du collectif d’aide à domicile qui vous a alerté, dans un courrier daté du 10 octobre, des difficultés des structures face aux restrictions des plans d’aide dans leur Carsat ?

Antonin Blanckaert : L’action sociale permet d’octroyer des prestations extralégales dans une enveloppe budgétaire limitative. Les budgets octroyés ne peuvent être dépassés, c’est une question de bonne gestion. Entre 2010 et 2011, nous avons connu une augmentation de nos dépenses sur l’aide à domicile de 70 millions d’euros, correspondant à la prise en charge du maintien à domicile de 61 900 nouveaux retraités fragilisés mais autonomes (ce qui porte le nombre total des bénéficiaires de l’action sociale des caisses de retraite du régime général à 409 300 personnes). En 2011, nous avons consommé près de 100% de budget. Début 2012, la tendance à la hausse a continué, puisque nous avons constaté au niveau national une augmentation de 20% des nouvelles demandes entre le 1er semestre de cette année et celui de l’année précédente. Dans le cadre d’un budget limité, les caisses de retraite du régime général ont donc été amenées à prendre des mesures pour maîtriser l’enveloppe et prioriser les demandes, le budget actuellement disponible ne permettant pas de faire face à l’ensemble des demandes. Nous comprenons les inquiétudes que cela a pu susciter, nous essayons de les lisser au maximum mais nous ne pouvons pas laisser dire que la Cnav se désengage de l’aide à domicile. Nos dépenses démontrent le contraire.

Dépendance, le débat : Comment redonner de l’oxygène aux Carsat, alors ?

Antonin Blanckaert : Un ensemble de mesures d’économies a été prise par les caisses pour maîtriser la hausse des dépenses. Priorisation des interventions sur les personnes les plus fragiles et, dans les situations les plus tendues, réduction du nombre d’heures octroyées pour certains publics. En complément, la Cnav a mis en place des mesures d’accompagnement nationales (adaptation du barème des ressources, mobilisation de fonds complémentaires). Nous avons engagé un travail de fond avec les principaux acteurs de la recherche sur les questions de vieillissement pour développer des outils permettant d’objectiver l’analyse de la fragilité des personnes. Ce faisant, l’idée est de passer d’une logique de guichet à une logique d’accompagnement pro-actif, qui nous permettra de prioriser nos interventions sur les publics les plus fragiles.

Dépendance, le débat : La décision de l’État de vous confier la mise en œuvre du dispositif d’aide au maintien à domicile des fonctionnaires et ouvriers de l’État retraités ne va-t-elle pas peser encore davantage sur vos budgets déjà très serrés ?

Antonin Blanckaert : L’enveloppe allouée par l’État pour cette délégation de gestion est étanche par rapport au budget de l’action sociale des caisses de retraite du régime général. Pour cette année, il s’agit de 10 millions d’euros, mais c’est un budget fléché alloué par la fonction publique, indépendant du nôtre et des questions précédemment évoquées. Le fait que l’État s’appuie sur nous pour ses retraités est en phase avec nos efforts pour mettre en oeuvre une politique de prévention de la perte d’autonomie, en partenariat avec l’ensemble des régimes (MSA, RSI, CNRACL…).

Crédit photo : © Patrick Dagonnot – EHPA Presse

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