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Pascale Boistard, secrétaire d'État chargée des personnes âgées et de l’autonomie, ouvrant les Assises nationales des Ehpad, édition 2016. © Patrick Dagonnot - EHPA Presse

31 mars 2016

Assises Nationales des EHPAD :
c’était top !

Mardi et Mercredi, le Mensuel des Maisons de Retraite organisait les Assises Nationales des Ehpad en présence de Pascale Boistard, secrétaire d’Etat aux personnes âgées. Carton plein, de l’aveu de tous. Mais aussi confirmation que les directeurs d’Ehpad ont la profonde volonté de se réinventer.

Plus de 400 personnes réunies pendant 2 jours dans un œcuménisme qu’on n’avait pas vu depuis longtemps. David Gruson (FHF), Yves-Jean Dupuis (Fehap) et Jean-Alain Margarit (Synerpa) assis côte à côte ont confirmé que l’ensemble des Ehpad était bien sur la même longueur d’onde quant à leur volonté de réformer le secteur via les CPOM et l’EPRD. Ils l’ont confirmé, tour à tour, à Jean Philippe Vinquant, directeur général de la Cohésion Sociale, présent à la même table-ronde, tout en insistant bien pour que l’état d’esprit de la réforme soit maintenu tout au long de la négociation des décrets.

Juste avant, la Secrétaire d’Etat aux personnes âgées, Pascale Boistard avait enjoint les professionnels à s’engager pleinement dans les réformes en cours. Elle a notamment rappelé que « la loi d’adaptation de la société au vieillissement nous engage [et] (…) nous donne les moyens, politiques, financiers, humains, (…) de nous arrêter pour réfléchir, moderniser, inventer. Et enfin, elle nous offre l’opportunité de repenser le vieillissement, et plus globalement les parcours de vie de nos concitoyens. » En somme : une nouvelle ère s’annonce et avec elle la nécessité de réinventer le modèle dans lequel nous évoluons depuis plusieurs années.

Cette nouvelle ère, les directeurs d’Ehpad semblent prêts à s’y engager. Il est même stupéfiant de constater à quel point les dirigeants d’Ehpad ont cessé les éternels refrains sur les « moyens » qui émaillaient jusqu’ici ce genre de colloques. Là, pendant deux jours, les professionnels des Ehpad ont montré à quel point ils étaient « chauds bouillants » dès lors qu’il s’agit d’innover et de sortir des sentiers battus. Pas d’argent ? Alors ayons des idées.

D’abord en simplifiant et en optimisant le modèle budgétaire et contractuel des Ehpad. Il y avait foule mardi matin pour les séminaires de formation sur les CPOM et l’EPRD montrant ainsi que les directeurs avaient vraiment envie de s’engager dans une réforme leur donnant plus d’autonomie.

Ensuite en réinventant le modèle des EHPAD. Didier Sapy, directeur de la FNAQPA, a ainsi animé un atelier sur le nouveau business model des Ehpad. Et si les grands groupes comme Domus Vi, représenté ici par son nouveau PDG Aymar Hénin, brûlent de conquérir des marchés partout en Europe et dans le monde, les établissements sont convaincus que « l’Ehpad à domicile » constitue leur nouvelle frontière.

On a vu aussi monter tout au long de ces deux jours la volonté forte de réformer le système d’aide sociale à l’hébergement dans les Ehpad, système devenu désuet et injuste. Jean Marc BORELLO, président du groupe SOS, a fait son effet quand il a défendu devant 400 personnes son scénario de « surloyer » dans les Ehpad permettant, tout en maintenant des tarifs aide sociale pour les plus nécessiteux, de faire payer au juste prix ceux qui ont les moyens.

Enfin, un des grands moments de ces Assises, et ce n’est pas un hasard, fut la prestation du trio Dumont-Guérin-Tavoillot, soit un démographe, un sociologue et un philosophe qui ont contribué à nous faire repenser autrement le vieillissement.

Les Ehpad n’ont pas eu besoin d’être au cœur de la loi ASV pour souhaiter se réinventer. Les meilleures réformes ne sont-elles pas d’ailleurs celles qu’on se fixe à soi-même plutôt que celles qu’on vous impose ?

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