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© Patrick Dagonnot

6 novembre 2017

Après l’éviction « flash » de Gruson
Une femme à la tête de la FHF

paru dans Le Mensuel des Maisons de Retraite

Viré manu miltari par le bureau de la FHF, David Gruson laisse sa place à Zaynab Riet, qui sera la première femme à occuper le poste de déléguée générale de la Fédération Hospitalière.

Finalement, il sera dit que c’est dans le Mensuel des Maisons de retraite que David Gruson aura donné sa dernière interview en qualité de délégué général de la FHF. Sur ce coup-là, nous avons eu du nez… Alors que le facteur acheminait vers votre bureau notre numéro de septembre où notre « une » annonçait cette interview, David Gruson remettait sa démission après y avoir été fortement contraint par le bureau de la FHF exceptionnellement réuni le 26 septembre.

Histoire de corne-cul

Quelques semaines plus tard, on a encore un peu de mal à comprendre les tenants et aboutissants de cette histoire de corne-cul qui a donné lieu à un psychodrame de plusieurs jours.

En clair, David Gruson est accusé d’avoir apposé une signature électronique du Président de la FHF sur un courrier sans le lui dire. Etant donné l’usage désormais courant des signatures électroniques, on a du mal à considérer qu’il n’a fallu que cette incartade pour mettre à ce point hors de lui Frédéric Valletoux. D’autant que cette signature a été apposée sur une simple lettre félicitant une directrice de la Réunion pour la mission qu’elle venait d’effectuer pour la FHF, mission connue du président. Seul problème : cette directrice étant une proche de David Gruson et cette mission s’étant traduite par quelques allers-retours entre la Réunion et Paris et par la prise en charge des frais d’hébergement, le Landerneau s’est mis à gloser.

David Gruson a résisté jusqu’au bout mais le Bureau de la FHF n’a rien voulu entendre et l’a contraint le 26 septembre dernier à remettre sa démission. Quelques heures plus tard, David Gruson twittait : « Honneur lavé des insinuations péjoratives de la période récente sur la probité dans l’exercice de mes fonctions. Merci au Bureau de la FHF ». Un délégué général remerciant un Bureau qui vient clairement de lui demander de dégager : voilà qui n’est pas banal…

Mais entre un Président qui n’a jamais voulu publiquement s’expliquer dans le détail et un David Gruson expliquant qu’il a été la proie d’un complot fomenté à coups de lettres anonymes, on concluera que cet épisode opaque ne restera pas comme un moment de gloire dans l’histoire de la FHF… Mais même les histoires les plus pénibles peuvent avoir des conclusions heureuses : et ce fut le cas en l’occurrence lorsqu’on a appris quelques jours plus tard le choix de Zaynab Riet.

Autant le dire clairement : dans ces colonnes, on est fan de cette femme compétente, dynamique et engagée que nous suivons depuis plus de dix ans. Cette infirmière de formation a en effet suivi un sacré parcours : diplômée de l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP) et du Master « Gestion et politiques de santé » de Sciences Po Paris, Zaynab Riet est directrice d’hôpital depuis 1995. Elle a commencé son parcours dans le Val-d’Oise où elle a dirigé l’hôpital de Marines avant de venir à la rescousse du Centre hospitalier du Vexin pour finalement être l’artisan d’un vaste regroupement au sein de la Communauté Hospitalière de Territoire Val-d’Oise Nord. Depuis 2016, elle était la première femme à diriger le Centre Hospitalier du Havre, la ville d’un certain Edouard Philippe.

Zaynab Riet, une militante dynamique

Mais cette « working girl », outre qu’elle connaît parfaitement la problématique médico-sociale pour avoir dirigé des Ehpad et constitué un réseau gérontologique, est une vraie militante. Dans les années 2000, elle fut la responsable médico-sociale de la FHF Île de France avant de s’investir dans le Resah Idf, la principale centrale d’achat du monde hospitalier et de devenir en 2015 la présidente de la Conférence nationale des directeurs de centres hospitaliers (CNDCH).

Enfin, qu’elle soit une femme et qui plus est une femme issue de la diversité sont des caractéristiques qui certes n’ajoutent rien à son talent mais qui méritent tout de même d’être soulignées tant il valait mieux jusqu’ici pour devenir délégué général de la FHF être un homme-blanc-franc-maçon-de plus de 50 ans…

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