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22 décembre 2020

Actus dom’ – Data dom’ – C’est dit

paru dans Le Journal du Domicile

Les news de Décembre 2020 analysées par nos soins

ACTUS DOM’

Gestion du Covid : le domicile mal traité

Il fallait bien, une fois la première vague de la crise sanitaire passée, commencer à tirer quelques enseignements de sa gestion par les pouvoirs publics. L’Assemblée Nationale s’y est collée à travers une mission d’information parlementaire sur la gestion de l’épidémie présidée par le Député LR des Alpes Maritimes, Eric Ciotti.

Le rapport, adopté le 2 décembre sans les parlementaires de la majorité présidentielle, épingle la gestion de la crise sur toute une série de registres. Pour ce qui nous intéresse particulièrement, il confirme ce que tous les professionnels de l’aide à domicile ont dénoncé depuis des mois, en constatant « un contraste marquant entre la vulnérabilité particulière des personnes âgées à la maladie et le délai de déclenchement des premières mesures en direction des EHPA et des services à domicile ».

De surcroît, à l’intérieur du secteur de la prise en charge du grand âge, c’est le domicile qui apparait, sans surprise pour nos lecteurs, comme le grand oublié, le moins bien considéré. Le rapport retrace ainsi le retard à l’allumage et explique notamment à quel point « les professionnels de l’aide à domicile ont pâti de ce retard dans la publication d’instructions », avec une première fiche de recommandations professionnelles spécifiques pour ce champ diffusée seulement à partir du 2 avril, soit près de 20 jours après le début du confinement.

Même relégation concernant l’accès aux équipements de protection individuelle qui selon le rapport toujours « a été encore plus difficile pour les services d’aide à domicile, qui n’ont pas été intégrés dans le circuit de distribution des masques mis en place au sein des groupements hospitaliers de territoire », du moins pas dans un premier temps.

Rien que nous ne sachions déjà donc, mais le fait qu’une mission d’enquête parlementaire sans aucun lien avec les professionnels du secteur le démontre, est un appui non négligeable sur le constat du « domicile mal traité » et pour demander ensuite le rééquilibrage qui s’impose.


ASSAD de Mâcon : nouvelle vie et équipes autonomes

Comme toute une série d’associations, l’ASSAD de Mâcon (Saône-et-Loire) était en difficulté depuis 2013. C’est sa reprise au TGI en 2018 par le Réseau APA, bien connu et intervenant régulièrement lors de nos assises, qui a permis non seulement de la sauver, mais de lui donner une seconde vie. Fait notable, la croissance constante que l’association connait depuis repose sur une refonte organisationnelle.

Et c’est le fameux modèle des équipes autonomes qui est au cœur de cette nouvelle donne.  Les 85 salariés du SAAD sont désormais acteurs de l’organisation du travail et de leur planning d’interventions. Un modèle qui en théorie, mais vraisemblablement en pratique aussi, contribue à l’épanouissement des salariés, et par conséquent à l’amélioration de la qualité de service. Un process qui permet aussi d’amoindrir la tension sur le recrutement. « Les horaires conviennent, le fonctionnement en équipe autonome attire. Et surtout, nous ne dérogeons pas à notre nouveau protocole d’intégration, à savoir 3 à 4 jours d’intervention en binôme, ainsi qu’une demi-journée de formation pour aligner notre qualité d’intervention. » explique Patricia Butaud, la responsable de l’association.

Un rebond qui est aussi lié à la capacité de proposer une offre globale. L’association compte en effet un SSIAD, un service de livraison de repas et de la téléassistance en marque propre via le Réseau APA. Un réseau qui rayonne sur le Grand Est et dont l’appui politique et technique a été indispensable à donner une nouvelle vie à l’association.


Solidarité domicile : de l’urgence sanitaire à la pérennité

Cela fait partie des initiatives nées durant la crise sanitaire et qui ont vocation à se pérenniser.  Solidarité Domicile a été créée par des SAAD et SSIAD, soutenus par la CNSA, afin de réduire l’absentéisme important dû à l’épidémie.

Le principe est celui de la coopération entre opérateurs. Il repose concrètement sur des coordinations départementales équipées d’un outil numérique qui permet en quelques clics de trouver un intervenant disponible chez un confrère pour assurer la continuité des interventions. L’ARS Ile-de-France a financé un développement complémentaire pour permettre aux établissements, et tout particulièrement aux EHPAD, de trouver des ressources humaines supplémentaires à celles de la plateforme gouvernementale de renfort RH.

Le portail www.solidaritedomicile.fr fonctionne de la façon suivante : la personne qui est mise à disposition reste salariée de son organisation tandis que le bénéficiaire demeure lui contractuellement liée à la structure qui habituellement l’accompagne. Ayant obtenu des financements jusqu’en mars 2021, la plateforme est totalement gratuite.

Les fédérations des entreprises du domicile (FESP, FEDESAP et SYNERPA DOMICILE) ont créé une association pour pérenniser le projet, dont l’utilité dépasse le cadre de la crise sanitaire, et qui reste ouvert à tout type de structures. Plus de 500 y sont désormais inscrites, représentant 5000 salariés sur 47 départements. Un outil innovant dont l’évolution est à suivre de près.


Data dom’
le chiffre du mois :
81%

C’est selon la DARES la proportion d’organismes de services à la personne dont l’activité a cessé ou diminué pendant le premier confinement. On connaissait l’étude annuelle de la DARES sur les chiffres du secteur. Cette fois, l’organisme ministériel de recherche et de statistiques nous offre une enquête flash concernant l’impact du premier confinement sur les organismes de services à la personne.

On y apprend entre autres que :

  • Les structures les plus petites et les moins diversifiées ont connu le plus de difficultés
  • Les activités qui ont le plus souffert sont la garde d’enfants et les travaux ménagers
  • Les livraisons de courses et de repas ont, au contraire, connu une augmentation
  • Plus de 60 % des associations et des entreprises ont utilisé le chômage partiel
  • 70% des structures ont maintenu leur effectif stable, notamment grâce à cette aide
  • 80% des structures qui ont poursuivi leur activité ont équipé leurs intervenants de protections individuelles

Si l’on ne dispose pas encore de l’impact économique final sur le secteur, deuxième confinement compris, on se doute qu’il sera particulièrement marquant et qu’il obligera à une réflexion de fond sur la solidification économique structurelle du secteur.

Pour accéder aux résultats complets :

https://dares.travail-emploi.gouv.fr/dares-etudes-et-statistiques/tableaux-de-bord/le-marche-du-travail-pendant-le-covid-19/autres-publications/article/organismes-de-service-a-la-personne-resultats-de-l-enquete-flash-covid-19


C’est dit

« Le choix des personnes qui devront être vaccinées en priorité n’incombe pas au gouvernement mais à la HAS qui s’est d’ailleurs prononcée en début de semaine, sur la base d’une expertise indépendante que nous entendons évidemment respecter »

Jean Castex, Premier ministre – « point de presse du 3 décembre 2020 »

Le plan reprend donc les recommandations de la Haute Autorité de Santé et qui consiste à vacciner en priorité les résidents des Ehpad et les salariés à risque de ces établissements. Une stratégie qui pose de nombreuses questions sur l’organisation concrète de la vaccination mais aussi sur le calendrier de vaccination des personnes âgées vivant à domicile et dont l’isolement ne peut que s’aggraver tant qu’elles ne sont pas vaccinées.

 


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